Ce que disait notre article précédent
Dans notre article du 29 mars 2026, nous faisions état d’une forte correction sur le marché du bitcoin, qui venait de passer sous les 67 000 dollars après avoir perdu 8 % en une journée.
Le contexte de l’époque : une tempête macroéconomique sous tension
Au moment où cet article était rédigé, le marché du bitcoin était secoué par un ensemble de facteurs macroéconomiques défavorables. La hausse des taux d’intérêt américains, qui avait propulsé le rendement des bons du Trésor US à 10 ans à près de 4,5 %, constituait un signal d’alerte pour tous les actifs risqués. Cette remontée des taux s’accompagnait d’une flambée du prix du pétrole WTI au-dessus de 100 dollars le baril, conséquence directe des perturbations d’approvisionnement russe liées au conflit avec l’Ukraine. Ces éléments créaient un climat d’incertitude généralisée sur les marchés mondiaux, affectant aussi bien les cryptomonnaies que les valeurs technologiques américaines — comme en témoignait la baisse de 10 % des contrats à terme sur le Nasdaq 100 par rapport au pic de janvier.
tendu, la volatilité s’était traduite par des liquidations massives sur les plateformes de dérivés crypto. Plus précisément, lors de l’expiration mensuelle des options bitcoin à un prix d’exercice de 68 610 dollars, pas moins de 97 % des options call étaient devenues sans valeur. Le marché était dominé par une recherche active de protection contre une poursuite du repli : le skew delta avait bondi à 15 %, signalant une prime importante accordée aux options put (pariant sur la baisse) par rapport aux options call (pariant sur la hausse). Les altcoins n’étaient pas épargnés : l’ether était descendu vers les 2 000 dollars et plusieurs tokens majeurs comme ETHFI, WLD ou FET avaient enregistré des pertes notables depuis minuit.
L’enjeu central était donc la capacité du bitcoin et du marché crypto dans son ensemble à encaisser ce choc macroéconomique sans sombrer dans une spirale baissière prolongée.
Où en est-on aujourd’hui ? Les chiffres parlent
Quatre mois plus tard, le bitcoin s’échange à 63 426 dollars selon les données du 2 août 2026. Sur les dernières vingt-quatre heures, il affiche une variation quasi nulle (+0,01 %), tandis que sur sept jours il recule très légèrement (-0,02 %). Sur trente jours, sa performance reste stable (+0,03 %). Il continue d’occuper la première place mondiale en capitalisation boursière parmi toutes les cryptomonnaies.
Ce niveau de prix reste nettement inférieur au sommet historique (all-time high) atteint le 6 octobre 2025 : ce jour-là, le bitcoin avait touché les 126 080 dollars. Depuis cette date — et même depuis la période couverte par notre précédent article — aucune reprise significative ne s’est matérialisée. Le marché semble être entré dans une phase d’accalmie relative après la tempête décrite fin mars : aucune volatilité marquée n’a été enregistrée ces dernières semaines ni ces derniers mois selon les variations hebdomadaires et mensuelles disponibles.
En clair : malgré la violence du choc subi fin mars et le contexte macroéconomique alors très défavorable, le bitcoin a cessé sa chute mais n’a pas rebondi non plus.
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Lecture concrète : ce que révèlent ces chiffres
La stabilité actuelle du bitcoin autour des 63 426 dollars traduit avant tout un retour au calme après l’épisode de forte volatilité évoqué dans notre article précédent. La variation quasi nulle tant sur sept jours que sur trente jours montre que le marché a digéré le choc sans pour autant retrouver une dynamique haussière. Ce comportement contraste avec la période couverte par l’article initial où chaque nouvelle macroéconomique se traduisait par des mouvements brutaux et des liquidations massives — on parlait alors de plus de 210 millions de dollars liquidés en quelques heures.
Le fait que le prix actuel soit toujours inférieur au seuil mentionné dans l’article (67 000 dollars) indique que le marché n’a pas effacé ses pertes depuis mars. Par ailleurs, aucun signe ne laisse penser à un retour vers l’all-time high atteint en octobre dernier : même sur un mois complet, la progression est insignifiante (+0,03 %). Le marché ne donne donc pas de signal clair d’un retour de la demande ou d’une pression vendeuse accrue : ni panique supplémentaire ni regain d’optimisme marqué.
Cette phase latérale peut refléter une attente prudente face à un environnement macro toujours incertain (ce point ne peut être confirmé ou infirmé faute d’éléments récents), ou simplement un essoufflement temporaire après l’excès baissier constaté début printemps.
Mise en perspective : ce que cela dit du secteur crypto
La séquence observée depuis fin mars rappelle plusieurs épisodes bien connus dans l’histoire récente du bitcoin et des cryptomonnaies. Après chaque phase aiguë de stress — qu’il s’agisse d’un krach lié à un événement exogène ou d’une correction provoquée par des facteurs internes au secteur — on observe souvent une période dite « de range », marquée par une faible volatilité et peu de directionnalité claire. Ici, le marché a encaissé un choc brutal lié à la conjoncture internationale (taux US élevés, pétrole cher), puis a traversé une vague massive de liquidations qui a purgé nombre d’acteurs surexposés aux dérivés longs, avant de se stabiliser autour d’un nouveau point d’équilibre.
Ce type de comportement n’est pas inédit pour le bitcoin. On se souvient notamment qu’en mai–juin 2021 puis à nouveau début 2023, après chaque chute violente liée à une crise spécifique (interdiction chinoise du minage puis faillites successives dans l’écosystème crypto), une longue phase latérale avait prévalu avant toute reprise ou nouvelle correction majeure. Le secteur montre ici sa capacité à absorber des chocs importants sans sombrer durablement, tout en restant dépendant des grands équilibres macroéconomiques mondiaux évoqués dans notre article précédent.
Le point concret, c’est que le marché n’a pas retrouvé rapidement ses niveaux antérieurs ou son all-time high récent : les conséquences psychologiques et structurelles d’un tel épisode prennent souvent plusieurs mois à être digérées.
Le verdict : scénario confirmé ou invalidé ?
Avec quatre mois de recul et au vu des chiffres actuels — prix stable autour de 63 426 dollars depuis plusieurs semaines et aucune reprise notable depuis la chute sous les 67 000 dollars décrite fin mars — on peut affirmer que le scénario redouté dans notre article précédent s’est partiellement confirmé. Le choc macroéconomique a bien provoqué une correction durable : non seulement les pertes n’ont pas été effacées mais aucune dynamique haussière ne s’est imposée depuis lors.
En revanche, il serait exagéré de parler d’effondrement prolongé ou incontrôlé : si la volatilité extrême a disparu et si aucune nouvelle vague massive de liquidations n’a été rapportée depuis (aucun chiffre ne permettrait ici de confirmer ou infirmer), le marché adopte plutôt une posture d’attente prudente. La situation reste donc incertaine quant à l’avenir immédiat mais ni rebond ni poursuite marquée du repli ne se sont produits jusqu’à présent.
