Binance stoppé net en Europe : Lagarde et la BCE bloquent la licence MiCA

Symbole Bitcoin 3D brillant en lumière dramatique, silhouette de marteau et balances de justice en arrière-plan.

Lagarde freine l’expansion crypto de Binance

En juin 2024, alors que Binance semblait sur le point d’obtenir une licence MiCA en Grèce, un coup d’arrêt est venu du sommet de la Banque centrale européenne.

Pour Binance, cette licence était stratégique : une autorisation MiCA délivrée par un pays membre ouvre automatiquement les portes de l’ensemble du marché européen, soit près de 450 millions de consommateurs.

Le refus grec, sous pression européenne

La chronologie est précise : Binance avait déposé sa demande auprès de la Hellenic Capital Market Commission (HCMC) dès janvier 2024. Début juin, les autorités grecques avaient informé l’ESMA qu’elles s’apprêtaient à valider le dossier. Mais quelques jours plus tard, sous pression, elles ont finalement refusé la demande et Binance a retiré son dossier à la mi-juin. Gillian Lynch, responsable Europe pour Binance, a affirmé publiquement que le dossier était complet et ne souffrait d’aucune lacune matérielle.

Ce veto n’a jamais été officiellement commenté ni par la BCE ni par le gouvernement grec.

Binance, victime des antécédents de CZ

D’après le secteur financier européen, les réticences des autorités ne seraient pas uniquement liées à des questions administratives. L’ESMA aurait conseillé en privé aux régulateurs nationaux de rejeter les demandes MiCA de Binance en raison des antécédents judiciaires récents du groupe et de son fondateur. En 2023, Changpeng “CZ” Zhao a plaidé coupable aux États-Unis pour violation du Bank Secrecy Act et accepté une amende record de 4,3 milliards de dollars. Il a purgé quatre mois de prison en Californie avant d’être gracié par Donald Trump en octobre 2025.

Ces sanctions lourdes pèsent sur la réputation du groupe au moment où l’Union européenne veut renforcer ses exigences en matière d’antiblanchiment et d’intégrité financière. Christine Lagarde n’a jamais caché sa méfiance envers les plateformes crypto : dès 2021, elle qualifiait le bitcoin d’actif “hautement spéculatif” servant au blanchiment d’argent.

L’ESMA souffle le chaud et le froid

La réforme européenne prévoit qu’à terme, l’octroi des licences MiCA relèvera directement de l’ESMA et non plus des autorités nationales comme la HCMC. Mais ce transfert n’est pas encore effectif. En attendant, les États membres disposent toujours du pouvoir d’approuver ou non les dossiers — un pouvoir dont ils semblent désormais se détourner sous influence politique ou réglementaire venue de Francfort.

Chez coindesk.com on rapporte que l’ESMA aurait explicitement recommandé aux régulateurs nationaux d’écarter Binance tant que certains points de conformité ne sont pas clarifiés et que le passé judiciaire du groupe continue à peser dans l’évaluation des risques.

Licences MiCA : la grande incertitude

Après avoir retiré sa demande grecque quelques jours avant la date limite du 1er juillet pour se mettre en conformité avec MiCA, Binance a annoncé vouloir tenter sa chance dans un autre pays membre. Mais sans calendrier précis ni garantie que les obstacles rencontrés à Athènes ne se reproduiront pas ailleurs dans l’Union européenne.

Le contexte reste tendu pour Binance : alors que ses concurrents cherchent eux aussi à obtenir leur sésame européen avant que l’ESMA ne prenne définitivement la main sur les licences crypto-actifs, le groupe doit composer avec une réputation fragilisée par ses démêlés judiciaires récents et une hostilité croissante des principaux régulateurs européens.

L’incertitude demeure totale quant au calendrier de retour potentiel du leader mondial des exchanges crypto sur le marché européen réglementé.

Ce que le marché va regarder

Le marché surveillera si l’ESMA prendra officiellement la main sur l’octroi des licences MiCA, une réforme européenne qui n’est pas encore adoptée, alors que Binance a retiré sa demande grecque à la mi-juin juste avant la date limite du 1er juillet ; toute clarification ou prise de position de l’ESMA sur le calendrier ou les critères d’approbation reste incertaine à ce stade.