On a vérifié : Hyperliquid (HYPE) était-il vraiment sous-évalué ? Quatre mois après, bilan

Glyphe stylisé du token HYPE lumineux flottant devant un réseau filamenteux avec particules de fumée et chandeliers boursiers.

Ce que disait notre article précédent

En mai 2026, notre rédaction présentait Hyperliquid (HYPE) comme un actif sous-évalué, mis en lumière par le lancement d’un ETF Bitwise à la Bourse de New York.

Le contexte de l’époque : attentes et signaux forts

Au printemps 2026, le lancement d’un ETF dédié à HYPE par Bitwise représentait un événement marquant dans l’écosystème crypto. Ce n’était pas seulement un signal de confiance institutionnelle, mais aussi une reconnaissance du potentiel d’Hyperliquid à s’imposer au-delà du secteur des produits dérivés crypto traditionnels. La plateforme venait tout juste d’intégrer des marchés d’actions et de prédiction, ce qui la distinguait nettement de ses concurrents historiques.

L’extrait rappelait que près de la moitié du volume traité sur Hyperliquid concernait déjà des actifs non liés à la crypto-monnaie, selon Matt Hougan (Bitwise). Cette diversification rapide était appuyée par le framework HIP-3, qui avait permis d’atteindre plus de 120 milliards de dollars de volume total depuis son lancement. Les opérateurs comme TradeXYZ rendaient accessibles des contrats perpétuels sur des sociétés emblématiques telles que SpaceX ou Cerebras, avec un écart réduit par rapport aux plateformes secondaires classiques.

La perspective d’IPOs massives pour SpaceX, Anthropic ou OpenAI donnait du crédit à cette stratégie d’expansion vers les marchés non crypto et alimentait l’idée que HYPE pourrait capter une nouvelle vague d’utilisateurs et d’investisseurs institutionnels.

En parallèle, l’article mentionnait dès sa première semaine des flux entrants nets significatifs sur l’ETF Hyperliquid lancé par 21Shares (1,2 million de dollars), ce qui témoignait d’un intérêt immédiat du marché pour ce nouvel instrument financier. À ce moment-là, la hausse du token HYPE depuis le début de l’année atteignait déjà 77 %, renforçant l’idée qu’il restait “mal évalué” malgré cette progression rapide.

Les données actuelles : un essoufflement relatif

Au 13 septembre 2026, HYPE s’échange à 79,47 dollars. Sur les sept derniers jours, le token affiche une variation quasi nulle (-0,08 %), et sur trente jours, la hausse reste marginale (+0,40 %). Son record historique a été atteint le 6 septembre à 89,60 dollars. Désormais classé dixième en capitalisation boursière mondiale, HYPE conserve une place majeure dans le paysage crypto.

Néanmoins, la dynamique haussière évoquée dans notre article précédent semble s’être nettement atténuée ces dernières semaines.

La comparaison entre la situation actuelle et celle décrite en mai révèle un changement notable. Alors que le token avait connu une progression fulgurante au premier semestre (+77 % depuis janvier selon Bitwise), il évolue aujourd’hui dans une zone de consolidation étroite. Le franchissement récent de son sommet historique début septembre n’a pas débouché sur une accélération durable : en moins d’une semaine après cet ATH à 89,60 dollars, HYPE a reperdu plus de 11 % pour revenir sous les 80 dollars.

Ce que disent vraiment ces chiffres

La stagnation du prix sur les trente derniers jours (+0,40 %) traduit un essoufflement net après plusieurs mois marqués par l’enthousiasme autour des ETF et l’expansion vers les marchés non crypto. La volatilité observée autour du sommet historique début septembre laisse penser qu’une partie importante des investisseurs a pris ses bénéfices dès la première vague haussière post-lancement ETF. Le maintien du rang numéro 10 en capitalisation montre toutefois que HYPE reste un acteur majeur du secteur.

L’absence de baisse significative sur sept jours (-0,08 %) indique également que le marché ne sanctionne pas brutalement HYPE malgré le reflux post-ATH. Mais il est clair qu’on n’observe plus ni afflux massif ni emballement spéculatif comparable à celui décrit lors du lancement ETF ou lors de l’introduction des contrats perpétuels pré-IPO sur SpaceX ou Cerebras.

: les données actuelles montrent un marché qui digère ses excès récents plutôt qu’un actif en phase d’accélération structurelle.

Mise en perspective : dynamique sectorielle et limites

Le cas Hyperliquid illustre bien une dynamique classique observée dans la crypto : l’annonce d’innovations majeures (lancement ETF Bitwise/21Shares, intégration marchés non crypto) provoque souvent une revalorisation rapide suivie d’une phase latérale ou baissière dès que les attentes sont intégrées dans les prix. Ce schéma rappelle celui observé lors des premiers ETF Bitcoin aux États-Unis en 2021 ou lors du lancement des contrats à terme Ethereum : euphorie initiale puis digestion prolongée par le marché.

La montée rapide jusqu’à un ATH début septembre suivie par un retour sous les 80 dollars confirme cette tendance cyclique typique des actifs crypto exposés aux innovations financières et réglementaires. Par ailleurs, si HYPE reste numéro 10 mondial en market cap au moment où nous écrivons ces lignes (13 septembre), rien ne permet actuellement de vérifier si sa diversification vers les marchés non crypto continue d’alimenter ses volumes comme c’était le cas au printemps — aucune donnée récente n’est fournie sur ce point précis.

On constate donc que même pour un projet perçu comme pionnier et soutenu par les institutions via des ETF dédiés, la capacité à maintenir durablement l’intérêt spéculatif dépend autant du storytelling initial que de la matérialisation concrète des nouveaux usages promis.

Le verdict : scénario confirmé ou non ?

Quatre mois après notre article précédent présentant HYPE comme “l’un des actifs les plus mal évalués”, que si le token a brièvement atteint un sommet historique début septembre (89,60 dollars), il évolue désormais dans une fourchette étroite autour des 79 dollars sans nouvelle impulsion majeure (+0,40 % sur trente jours). Le maintien au rang numéro 10 mondial montre certes une certaine solidité mais ne valide pas totalement le scénario d’une revalorisation durable portée par l’effet ETF ou la diversification hors crypto vantée au printemps.

L’essentiel se résume ainsi : la thèse d’un sous-évaluation massive et persistante n’est pas confirmée à ce stade par les chiffres récents. On observe plutôt une normalisation après plusieurs mois très dynamiques — ni crash brutal ni envolée spectaculaire depuis juin. Quant à savoir si Hyperliquid s’impose réellement comme “super-app mondiale” du trading multi-actifs avec des volumes records hors crypto : on ne peut pas encore le confirmer faute de données actualisées disponibles aujourd’hui.