Le plus gros don politique britannique
En l’espace de 48 heures, le parti anti-immigration Reform UK, dirigé par Nigel Farage, a reçu des dons totalisant 97 millions de dollars (soit 72 millions de livres sterling) de la part de deux figur
Ben Delo, cofondateur de la plateforme d’échange BtiMEX, a ouvert le bal en annonçant vendredi un don colossal de 36 millions de livres via une tribune dans le Telegraph. Le lendemain, Christopher Harborne, investisseur notoire lié à Tether et basé en Thaïlande, a égalé ce geste en promettant lui aussi 36 millions de livres.
Selon decrypt.co, Harborne n’en est pas à son coup d’essai : il avait déjà versé 15 millions de livres à Reform UK depuis les dernières élections. Ces sommes placent désormais Farage et son parti au centre du jeu financier pour la prochaine campagne électorale.
Depuis mars 2024, tout don supérieur à 100 000 livres par an exige que le donateur soit inscrit sur les listes électorales britanniques depuis au moins douze mois.
Pas de crypto, mais des crypto-milliardaires
Malgré leur fortune bâtie sur les actifs numériques, ni Delo ni Harborne n’ont utilisé des cryptomonnaies pour effectuer ces dons. Depuis mars dernier, la Grande-Bretagne interdit tout financement politique en crypto afin d’éviter les risques d’opacité et d’ingérence étrangère. Les deux milliardaires ont donc réalisé leurs donations en monnaie fiduciaire classique.
Ce contraste entre l’origine des fortunes et la nature des dons souligne l’ambiguïté persistante autour du rôle des cryptomonnaies dans le financement politique britannique.
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Pourquoi donner maintenant, payer d’avance
Ben Delo a justifié son versement anticipé par la crainte d’un futur plafonnement légal des donations individuelles. Depuis mars 2024, seuls les donateurs inscrits sur les listes électorales britanniques depuis au moins douze mois peuvent contribuer au-delà de 100 000 livres par an. Pour contourner cette incertitude réglementaire, Delo a choisi de régler d’avance l’équivalent d’un million de livres par mois jusqu’en 2029.
Pour sa part, Christopher Harborne a déjà fait preuve d’une générosité exceptionnelle envers Reform UK : il avait versé 9 millions de livres rien qu’en 2025. Cette stratégie permet au parti de disposer immédiatement des fonds nécessaires à une campagne nationale ambitieuse alors que les cotisations classiques ne suffisent plus à couvrir ses besoins croissants.
Des dons sous haute surveillance
L’afflux massif d’argent frais n’est pas passé inaperçu auprès des autorités : Reform UK fait actuellement l’objet d’une enquête criminelle concernant son financement global – même si aucune accusation ne vise spécifiquement les donations récentes de Delo ou Harborne.
Pourquoi ça compte
La Chambre des Lords examine actuellement un projet de loi visant à interdire définitivement les dons en cryptomonnaies et à plafonner ceux provenant de l’étranger à 100 000 livres par an. Cette initiative législative reflète une inquiétude croissante face au poids financier que quelques individus ultra-fortunés peuvent exercer sur le débat démocratique britannique.
D’après bfmtv.com, près de 80% des jeunes Britanniques (16 à 25 ans) connaissent aujourd’hui les cryptomonnaies et 65% savent ce qu’est le bitcoin. Cette familiarité croissante avec le secteur numérique alimente aussi la visibilité médiatique et politique des acteurs issus du monde crypto.
La rapidité et le montant record des dons injectés en seulement deux jours illustrent une mutation profonde du financement politique outre-Manche. si ce précédent ouvrira la voie à une réglementation plus stricte ou s’il marquera simplement un tournant éphémère dans l’influence grandissante des fortunes issues du Web3 sur la démocratie britannique.
Les points de suivi essentiels
La Chambre des Lords examine actuellement un projet de loi visant à plafonner les dons étrangers à 100 000 £ par an et à interdire les dons en crypto-monnaies ; si ce texte est adopté, il pourrait immédiatement limiter la capacité de donateurs comme Christopher Harborne à verser des montants similaires à l’avenir, mais son calendrier d’adoption reste incertain.

