Le point de rupture des 60 000 $
La semaine a été marquée par une volatilité extrême sur le marché du Bitcoin, avec un effondrement brutal qui a vu la cryptomonnaie phare chuter jusqu'à 60 000 $ jeudi soir, avant de rebondir à plus d
La baisse n’a pas seulement touché le Bitcoin. Sur sept jours glissants, l’ether a reculé de 22,4 %, le BNB de 23,4 % et le solana de 25,2 %. Les volumes d’échanges sur BTC et ETH ont atteint leur niveau le plus élevé depuis plus de deux ans, selon Paul Howard de Wincent, signe d’une panique généralisée mais aussi d’une activité accrue des traders cherchant à profiter des variations rapides.
L’indice CoinDesk 20 (CD20) a perdu plus de 17% de sa valeur en une semaine.
Ce jeudi noir rappelle la période post-FTX : Wintermute évoque même la pire journée pour le Bitcoin depuis l’effondrement de la plateforme en novembre 2022.
La bourde de Bithumb, coup d’accélérateur
Un événement inattendu est venu amplifier la tempête : un flash crash sur Bithumb, plateforme sud-coréenne majeure, où le bitcoin s’est brièvement échangé à seulement 55 000 $.
Cette chute éclair a été provoquée par une erreur interne : Bithumb a accidentellement crédité à chaque utilisateur un bonus de 2 000 bitcoins au lieu des 2 000 wons coréens prévus (environ 1,50 $). Résultat : des dizaines de millions de dollars en "bitcoins fantômes" sont apparus dans les comptes utilisateurs. Aucun transfert réel n’a eu lieu sur la blockchain ; ces soldes gonflés n’existaient que dans les registres internes de la plateforme. Le prix du BTC/KRW sur Bithumb s’est effondré de près de 16 % par rapport aux autres exchanges pour toucher un plancher à environ 81 millions de wons (55 000 $), avant que l’équipe ne bloque rapidement les comptes concernés et ne rétablisse la situation en cinq minutes.
Volatilité record : traders sous pression
La violence du mouvement s’est traduite par une explosion de la volatilité implicite sur les options crypto, atteignant le 99e percentile historique. La demande pour les options de vente ("puts"), qui permettent aux investisseurs de se protéger ou de parier sur une baisse future du prix, s’est envolée. Cette nervosité reflète non seulement la rapidité du plongeon mais aussi l’incertitude persistante quant à la solidité du rebond.
tendu, la profondeur moyenne du marché – c’est-à-dire la quantité d’ordres disponibles dans un intervalle restreint autour du prix courant – s’est contractée. Selon Kaiko, elle est tombée à environ cinq millions de dollars contre plus de huit millions début janvier. Une telle réduction signifie qu’il faut moins d’ordres pour faire bouger fortement le prix ; cela aggrave donc les mouvements extrêmes lors des ventes massives ou des achats impulsifs.
Les altcoins ont subi un effet domino encore plus prononcé que le Bitcoin lui-même : XRP s’est distingué avec un bond spectaculaire à +17 % sur vingt-quatre heures vendredi (atteignant temporairement 1,50 $), tandis que IREN reculait malgré tout (-1,8 %) après des résultats décevants publiés jeudi soir.
Pourquoi le rebond paraît fragile
Si le Bitcoin est remonté au-dessus des 70 000 $ ce vendredi matin (+17 % depuis son creux), plusieurs signaux incitent à la prudence quant à la durabilité du rebond. D’abord parce que cette reprise intervient où certains acteurs majeurs changent radicalement leur stratégie : Bitfarms a vu son action grimper après avoir annoncé abandonner son identité purement "bitcoin" pour se tourner vers l’infrastructure d’intelligence artificielle. De son côté, Gemini ferme ses activités au Royaume-Uni, dans l’Union européenne et en Australie tout en supprimant environ un quart de ses effectifs — autant d’indices d’une confiance ébranlée chez certains opérateurs historiques.
Le réseau Bitcoin lui-même n’a pas été épargné : Cointelegraph rapporte une chute record (–11 %) de sa difficulté minière en vingt-quatre heures ce mercredi — une première depuis l’interdiction du minage en Chine en juin 2021. Ce recul s’explique par une tempête hivernale ayant temporairement réduit le hashrate américain et par la correction brutale du cours. La difficulté devrait toutefois remonter dès le prochain ajustement attendu autour du 20 février (projection CoinWarz).
Enfin, côté institutionnel et réglementaire, l’environnement reste mouvant : Erebor Bank vient d’obtenir sa charte bancaire nationale aux États-Unis avec un capital initial estimé à près de 635 millions $, tandis qu’en Chine les autorités interdisent désormais toute émission non approuvée de stablecoins indexés sur le yuan ou d’actifs tokenisés adossés à des biens réels.
Ce qu’on surveille pour la suite
Le retour rapide au-dessus des seuils psychologiques ne garantit pas que les tensions soient dissipées durablement.
Les conclusions clés
- •Le bitcoin a chuté jusqu'à 60 000 $ jeudi soir, puis rebondi à plus de 70 000 $ vendredi matin.
- •Un flash crash à 55 000 $ sur Bithumb a été causé par une erreur de crédit de 2 000 BTC par utilisateur.
- •L’indice CoinDesk 20 (CD20) a perdu plus de 17 % en une semaine, avec des volumes d’échanges record sur BTC et ETH.
Les prochains tests pour le marché
Le prochain ajustement de la difficulté de minage du Bitcoin est attendu le 20 février, avec une remontée projetée à 132,9 T selon CoinWarz ; si la difficulté ne se redresse pas comme prévu, cela signalera une pression persistante sur les mineurs après la chute record de plus de 11,1 % observée cette semaine.
