Iran : le bitcoin devient la nouvelle monnaie de passage dans le détroit d’Hormuz

Illustration numérique montrant des pétroliers traversant un détroit stylisé avec des icônes Bitcoin futuristes.
Ibrahim Sissoko | BITCOIN | Il y a 2 jours

Le bitcoin s’invite dans le détroit L’Iran franchit une étape inattendue en annonçant qu’il acceptera désormais les paiements en bitcoin pour permettre aux pétroliers de traverser le stratégique détroit d’Hormuz.

Le bitcoin s’invite dans le détroit

L’Iran franchit une étape inattendue en annonçant qu’il acceptera désormais les paiements en bitcoin pour permettre aux pétroliers de traverser le stratégique détroit d’Hormuz. Cette décision, révélée à la suite d’un cessez-le-feu de deux semaines conclu entre Téhéran et Washington, impose un tarif fixe de 1 dollar par baril de pétrole transporté, à régler exclusivement en cryptoactifs. Hamid Hosseini, porte-parole de l’Union des exportateurs iraniens de pétrole, gaz et produits pétrochimiques, a précisé que seuls les navires chargés seraient concernés par ce péage numérique.

La mesure vise principalement les navires marchands transportant du pétrole brut ou des produits raffinés, alors que les navires vides pourront continuer à circuler sans frais.

Un péage numérique pour les pétroliers

La procédure imposée par l’Iran se veut à la fois stricte et rapide : chaque navire devra envoyer un email détaillant sa cargaison aux autorités iraniennes avant d’obtenir l’autorisation de paiement. Une fois la cargaison validée, le montant du péage sera communiqué et le paiement en bitcoin devra être effectué en quelques secondes vers un portefeuille contrôlé par Téhéran. Ce système a été conçu pour contourner les restrictions liées aux sanctions internationales qui frappent l’économie iranienne depuis plusieurs années.


Les navires disposent de seulement quelques secondes pour effectuer le paiement en bitcoin après validation par les autorités iraniennes, selon Hamid Hosseini.

D’après decrypt.co, ce dispositif a été élaboré par le Conseil suprême de sécurité nationale iranien afin d’éviter que les fonds ne soient gelés ou tracés via les circuits bancaires traditionnels. La rapidité exigée pour la transaction – quelques secondes seulement – pourrait toutefois poser des défis logistiques majeurs aux compagnies maritimes peu familières avec la volatilité et la mécanique du bitcoin.

C’est incertain si d’autres États riverains du Golfe, comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar, accepteront ce mode opératoire sur leurs propres portions du détroit.

Un dollar le baril, version bitcoin

Le tarif imposé par Téhéran est limpide : chaque baril transporté coûte 1 dollar à régler en bitcoin. Pour un supertanker chargé de 2 millions de barils, cela représente une facture immédiate de 2 millions de dollars convertie au taux du bitcoin du jour. Ce mercredi, le prix du bitcoin oscillait autour de 73 000 dollars après avoir brièvement dépassé les 72 500 dollars suite à l’annonce du cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis.

Les compagnies devront donc ajuster leurs calculs au gré des fluctuations du marché crypto pour anticiper leurs coûts réels lors du passage.

Sanctions et crypto : la parade iranienne

L’utilisation du bitcoin comme outil de paiement n’est pas anodine géopolitique tendu. L’Iran cherche clairement à s’affranchir des réseaux bancaires occidentaux et à sécuriser ses revenus face au risque de confiscation ou de blocage. En janvier dernier, la banque centrale iranienne avait déjà acquis pour 500 millions de dollars de stablecoins USDT auprès de Tether, signe d’une volonté affirmée d’intégrer massivement les actifs numériques dans ses échanges internationaux.

Entre janvier et juillet 2025, près de 3,7 milliards de dollars auraient transité sous forme crypto en Iran selon TRM Labs. Ces flux témoignent d’une adoption croissante des monnaies numériques pour contourner les sanctions américaines et européennes qui limitent fortement l’accès du pays au système financier mondial traditionnel.

Une trêve sous conditions financières

La mise en place de ce péage intervient dans un climat diplomatique tendu mais momentanément apaisé : Donald Trump a récemment confirmé qu’une trêve temporaire avait été négociée avec Téhéran pour rouvrir le détroit d’Hormuz pendant deux semaines. Selon cointelegraph.com, cette pause s’accompagne d’un plan iranien en dix points remis à la Maison-Blanche, incluant notamment le maintien du contrôle sur la voie maritime et la levée partielle des sanctions économiques.

Durant cette période limitée, chaque navire sera scruté afin d’éviter tout transport illicite d’armes ou matériel militaire – un point sensible après les frappes américano-israéliennes survenues plus tôt cette année. Le contrôle strict des flux pétroliers via un système numérique renforce donc autant la sécurité que la souveraineté économique iranienne.

Reste à savoir si cette solution crypto pourra survivre au-delà des deux semaines prévues ou si elle servira simplement de test grandeur nature avant une éventuelle généralisation régionale.

L'essentiel

  • L’Iran impose un péage de 1 dollar par baril de pétrole, payable en bitcoin, pour les pétroliers traversant le détroit d’Hormuz.
  • Seuls les navires chargés sont concernés ; les navires vides peuvent passer sans frais, selon Hamid Hosseini.
  • Ce système s’applique pendant la trêve de deux semaines conclue entre l’Iran et les États-Unis.

Les points clés à venir

L’Iran commencera à exiger des paiements en bitcoin pour chaque baril de pétrole transitant par le détroit d’Hormuz pendant la trêve de deux semaines avec les États-Unis, mais la date précise de mise en œuvre du système reste incertaine ; si le paiement n’est pas effectué en quelques secondes après l’évaluation iranienne, le passage pourrait être refusé immédiatement.

À propos de l'auteur

Ibrahim Sissoko

Ibrahim Sissoko

Contributeur junior – Étudiant & veille crypto

Étudiant et passionné par les technologies blockchain, Ibrahim fait ses débuts chez The Coin Analysis en contribuant à la veille et au décryptage de l’actualité crypto. Il s’intéresse aux fondamentaux des projets, aux tendances de marché et aux usages concrets des actifs numériques, avec une approche claire et pédagogique.