Fireblocks dément catégoriquement toute négociation d’acquisition avec Visa

Symbole Quant 3D brillant entouré de blocs translucides et rubans de données sur fond bleu nuit et teal électrique.

La rumeur partie d’Axios

Le jeudi 13 juin 2024, Axios a publié un article affirmant que Visa serait en discussions avancées pour acquérir Fireblocks, le spécialiste de la conservation de crypto-actifs, pour environ 2,5 milliards de dollars. Cette information s’appuyait sur plusieurs sources anonymes et a rapidement circulé dans l’écosystème crypto et financier. Le montant évoqué, bien inférieur à la dernière valorisation publique de Fireblocks — plus de 8 milliards de dollars en janvier 2022 après une levée de fonds record de 550 millions de dollars — a immédiatement soulevé des interrogations sur la crédibilité et la portée réelle des discussions rapportées.

Les observateurs ont relevé que la valorisation mentionnée par Axios ne correspondait pas à celle communiquée par Traxcn ou lors du tour de table mené il y a deux ans, ce qui alimente le scepticisme autour du scénario d’une vente à prix cassé.

Fireblocks hausse la voix

Face à l’emballement médiatique, Fireblocks n’a pas tardé à réagir publiquement. Un porte-parole a ainsi déclaré auprès de plusieurs médias que la rumeur d’une acquisition imminente par Visa était « fausse à l’heure actuelle ». L’entreprise, fondée en 2018 par Michael Shaulov, Pavel Berengoltz et Idan Ofrat, précise qu’aucune discussion officielle n’est en cours avec le géant des paiements. Fireblocks explique également qu’elle n’a pas été approchée pour une telle opération et qualifie cette spéculation de « nouvelle » pour ses équipes.


En janvier 2022, Fireblocks avait levé 550 millions de dollars lors d’un tour de table qui portait sa valorisation à plus de 8 milliards selon Traxcn.

L’équipe dirigeante insiste sur le fait que rien ne se prépare en coulisses concernant une cession à Visa.

Fireblocks s’est imposée ces dernières années comme un acteur incontournable de l’infrastructure crypto, notamment grâce à sa technologie avancée dite multi-party computation (MPC), qui permet de sécuriser les clés privées utilisées pour stocker et transférer des actifs numériques. Parmi ses clients figurent des institutions financières majeures comme BNY Mellon, Worldpay, Revolut ou Galaxy. Selon l’entreprise, elle aurait sécurisé des transferts totalisant plusieurs trillions de dollars sur plus de 150 blockchains depuis sa création.

Visa garde le silence

De son côté, Visa n’a pas souhaité commenter les informations publiées par Axios ni répondre aux sollicitations des médias spécialisés.

Coinbase aussi cité, puis démenti

La confusion s’est accentuée lorsque certaines sources anonymes ont laissé entendre que Coinbase aurait également manifesté un intérêt pour l’acquisition de Fireblocks. Cependant, après publication de ces allégations, Coinbase a officiellement nié toute implication dans une transaction potentielle. Ce double démenti — émanant tant du côté acheteur supposé que du côté vendeur — contribue à renforcer l’incertitude sur la réalité d’un processus d’acquisition actuellement en cours.

Dans un article publié ce vendredi matin, coindesk.com rapporte que Fireblocks a explicitement rejeté l’existence de négociations avec Visa pour une opération évaluée à 2,5 milliards de dollars.

Un prix bien loin de la valorisation

Le chiffre avancé par Axios — 2,5 milliards de dollars — interpelle particulièrement alors que Fireblocks valait encore plus de trois fois cette somme lors de son tour de financement en janvier 2022. À l’époque, la société avait levé 550 millions auprès d’investisseurs majeurs et affichait une valorisation supérieure à 8 milliards selon Traxcn. Cette différence considérable laisse planer le doute quant au sérieux ou à l’actualité des prétendues discussions entre les deux groupes.

En mars dernier déjà, Mastercard avait conclu une acquisition dans le secteur crypto en s’offrant BVNK jusqu’à 1,8 milliard de dollars — un montant qui reste inférieur à celui évoqué pour Fireblocks mais qui rappelle que les opérations majeures restent rares et très scrutées dans ce secteur volatil.

Incertitudes persistantes côté industrie

Au final, malgré l’agitation provoquée par les révélations d’Axios et leur reprise immédiate dans toute la presse spécialisée ce jeudi 13 juin 2024, aucun élément concret ne vient étayer la thèse d’une acquisition imminente ou même probable entre Visa et Fireblocks. Les principaux acteurs cités démentent formellement ou refusent simplement tout commentaire officiel. La prudence reste donc de mise alors que le marché continue d’observer attentivement les mouvements stratégiques des géants bancaires et technologiques vis-à-vis des infrastructures crypto.

Ce que disent les prochains indicateurs

Le marché surveillera toute prise de parole officielle de Visa, qui n’a pas encore répondu aux demandes de commentaires après le rapport d’Axios du 13 juin 2024 évoquant des discussions avancées pour une acquisition de Fireblocks à 2,5 milliards de dollars ; si Visa confirme ou infirme publiquement ces discussions, cela clarifiera immédiatement la situation autour de cette rumeur persistante.