Chute du Bitcoin après la saisie
Le week-end dernier a été marqué par une forte volatilité sur le marché des cryptomonnaies, alors que les tensions entre l’Iran et les États-Unis se sont intensifiées autour du détroit d’Hormuz.
La chute n’a pas touché que Bitcoin : Ether est descendu à 2 272 dollars (-2,6 % sur 24h), tandis que Solana et BNB ont également reculé, même si ce dernier restait stable à 618 dollars.
Cette baisse s’est accompagnée d’une vague de liquidations sur le marché crypto : selon CoinGlass, près de 260 millions de dollars de positions longues ont été liquidées en 24 heures seulement. Les investisseurs semblent avoir réagi brutalement aux risques géopolitiques accrus dans la région.
Dimanche matin, le Bitcoin est brièvement passé sous les 74 000 dollars après la saisie par la marine américaine d’un cargo iranien.
Le pétrole flambe, Bitcoin trébuche
La fermeture du détroit d’Hormuz par l’Iran a fait bondir les prix du pétrole brut et du gaz naturel européen, confirmant le rôle central de ce passage maritime pour l’énergie mondiale.
Le Brent a grimpé de 5,7 %, atteignant 95,50 dollars le baril lundi matin, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) ont progressé jusqu’à 86 dollars contre 79 dollars à la clôture vendredi. Les futures du gaz naturel européen ont également enregistré une hausse spectaculaire allant jusqu’à 11 % dans la foulée des annonces iraniennes.
Sur les plateformes décentralisées comme Hyperliquid, plus de 500 millions de dollars de contrats synthétiques sur le pétrole ont changé de mains durant le week-end, avec un intérêt ouvert record dépassant les deux milliards de dollars. Ce regain d’activité montre que la crainte d’un choc énergétique mobilise aussi bien les traders traditionnels que ceux issus des crypto-actifs.
Voir Aussi
La trêve fragilisée, les actifs réagissent
L’incertitude politique reste totale à l’approche de mercredi, date prévue pour la fin officielle de la trêve entre Washington et Téhéran. D’après cointelegraph.com, Téhéran a rejeté un nouveau cycle de négociations qui devait se tenir lundi à Islamabad – un signal négatif pour une désescalade rapide. Pendant ce temps, Donald Trump a menacé publiquement dimanche matin de frapper chaque centrale électrique et pont iranien en cas d’échec diplomatique.
Les marchés financiers mondiaux n’ont pas tardé à réagir : les futures S&P 500 ont reculé respectivement de 0,8 %, ceux du Nasdaq-100 de 0,6 % et ceux du Dow Jones ont perdu près de 450 points dimanche soir. L’or lui-même a reculé malgré son statut traditionnellement refuge (-0,8 % à 4 790 dollars), tandis que le dollar US s’est renforcé face aux principales devises.
Les protocoles DeFi plus touchés
Si le prix des principaux tokens crypto n’a baissé que modérément en pourcentage depuis vendredi soir, plusieurs protocoles DeFi axés sur le lending ou le yield enregistrent des pertes à deux chiffres en valeur totale verrouillée (TVL). Ce contraste suggère un retrait temporaire des utilisateurs face au regain d’incertitude géopolitique et énergétique. L’indice Crypto Fear & Greed est néanmoins monté à 29/100 lundi – son plus haut niveau depuis fin janvier –, signe que certains acteurs voient dans cette volatilité une opportunité plutôt qu’une menace durable.
Pourquoi ça compte
La fermeture du détroit d’Hormuz concerne près d’un tiers du commerce mondial d’hydrocarbures ; tout blocage prolongé aurait donc un impact direct sur l’approvisionnement énergétique global et pourrait continuer à alimenter la volatilité sur Bitcoin comme sur le pétrole. Les événements récents montrent aussi que Bitcoin reste sensible aux chocs macro-économiques majeurs : il peut agir comme actif spéculatif lors des pics d’incertitude mais n’échappe pas aux mouvements paniques ni aux effets indirects d’une crise énergétique mondiale. Pour les investisseurs crypto comme pour l’industrie minière – très dépendante du coût énergétique –, l’évolution des tensions Iran/États-Unis reste donc cruciale.
Les signaux à ne pas ignorer
La trêve de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran prend fin mercredi, alors que plus de 500 millions de dollars de contrats à terme synthétiques sur le pétrole ont été échangés ce week-end sur Hyperliquid après la fermeture du détroit d’Hormuz ; si aucun accord n’est trouvé d’ici là, une nouvelle flambée des prix de l’énergie et des liquidations sur le marché crypto pourrait suivre immédiatement.
