La promesse d’un miracle technologique
Brent Kovar, homme d’affaires de Las Vegas et propriétaire de Profit Connect, a été reconnu coupable d’avoir orchestré une escroquerie massive mêlant crypto-monnaie et intelligence artificielle.
Profit Connect assurait pouvoir offrir des rendements fixes compris entre 15 % et 30 % par an, tout en garantissant un remboursement à 100 % du capital investi. Les investisseurs étaient séduits par l’idée que leurs fonds étaient non seulement protégés, mais également placés dans une technologie de pointe censée révolutionner la finance.
Les dessous d’une supercherie à 24 millions
Derrière les discours technologiques, la réalité était bien différente. Brent Kovar affirmait que Profit Connect détenait des centaines de millions de dollars en réserves crypto et que les fonds étaient même assurés par la FDIC, ce qui était totalement faux. L’entreprise n’était pas rentable, ne disposait d’aucune réserve réelle, et n’avait aucune capacité à garantir les rendements annoncés.
Selon decrypt.co, le jury fédéral a estimé que Kovar avait utilisé l’argent collecté auprès des investisseurs pour financer ses propres dépenses : exploitation quotidienne de l’entreprise, achat de cadeaux, acquisition d’une maison et remboursement des premiers participants du schéma Ponzi. Ce détournement de fonds a permis à Kovar de maintenir l’illusion pendant près de quatre ans.
Au total, au moins 400 investisseurs ont été floués entre fin 2017 et juillet 2021.
En juillet 2021, la SEC est intervenue pour fermer Profit Connect et geler ses avoirs alors que les pertes estimées atteignaient déjà 12 millions de dollars pour au moins 277 investisseurs.
Le verdict d’un jury fédéral
Le 24 août 2026, après un procès fédéral ayant duré neuf jours à Las Vegas, Brent Kovar a été reconnu coupable de onze chefs de fraude électronique (wire fraud), deux chefs de fraude postale (mail fraud) et deux chefs de blanchiment d’argent. Le montant total du préjudice s’élève à 24 millions de dollars selon les procureurs.
La condamnation pourrait être exemplaire : Kovar risque jusqu’à 280 ans de prison lors du prononcé prévu le 30 novembre. Les faits retenus contre lui illustrent la sévérité avec laquelle la justice américaine aborde désormais les affaires mêlant crypto-actifs et fausses promesses technologiques.
Ce verdict intervient alors que la multiplication des arnaques liant intelligence artificielle et crypto-monnaies inquiète autorités comme investisseurs particuliers.
Des rendements trop beaux pour être vrais
Profit Connect n’est pas un cas isolé dans l’écosystème crypto. Un autre exemple récent met en cause Japheth Dillman, fondateur du fonds Block Bits Capital à San Francisco : il a levé près d’un million de dollars auprès d’une vingtaine d’investisseurs entre juin 2017 et août 2018 en vantant un bot de trading automatisé baptisé Autotrader — qui ne fonctionnait pas. Dillman a été reconnu coupable après dix jours de procès ; il encourt jusqu’à vingt ans de prison par chef d’accusation.
Dans ces deux affaires, le schéma reste similaire : promesses irréalistes fondées sur des technologies complexes ou mal comprises (IA ou bots), fausses garanties sur la sécurité des fonds, et usage détourné des capitaux collectés pour payer les premiers investisseurs ou financer le train de vie des dirigeants.
Ce que risquent les escrocs de l’IA
Brent Kovar connaîtra sa sentence définitive le 30 novembre prochain. Il encourt une peine théorique maximale de 280 ans derrière les barreaux pour avoir trompé plus de 400 personnes sur quatre années avec son “superordinateur” imaginaire. Dans le cas Dillman, la sanction pourrait atteindre plusieurs décennies ainsi qu’une amende cumulée dépassant potentiellement le million de dollars selon le nombre exacts des chefs retenus.
La multiplication récente des condamnations met en évidence la vigilance accrue des autorités américaines face aux dérives dans l’univers crypto — surtout lorsque s’y mêlent IA et promesses spectaculaires. Le passé judiciaire chargé de Kovar — déjà visé par une injonction civile en 2009 pour un schéma frauduleux ayant coûté douze millions aux investisseurs — illustre aussi la difficulté à éradiquer durablement ce type d’escroqueries sophistiquées.
Du rêve crypto à la prison
L’affaire Kovar rappelle brutalement qu’investir dans des projets vantant l’intelligence artificielle appliquée aux cryptomonnaies sans preuve solide comporte toujours un risque majeur — celui d’un réveil douloureux devant un tribunal fédéral.
Ce qui pourrait peser sur la suite
La sentence de Brent Kovar, reconnu coupable d’avoir orchestré un Ponzi crypto de 24 millions de dollars via Profit Connect, sera prononcée le 30 novembre ; l’ampleur de la peine, qui pourrait atteindre 280 ans de prison, reste incertaine et sera scrutée par le secteur.

