Open USD redistribue les revenus de réserve
Le lancement d’Open USD (OUSD), annoncé ce mardi par le consortium Open Standard, marque une inflexion majeure dans la bataille des stablecoins. Soutenu par plus de 140 entreprises, dont Coinbase, Stripe, Visa, Mastercard et BlackRock, OUSD introduit un modèle inédit sur le marché : la redistribution des intérêts générés par les réserves à l’ensemble des partenaires du réseau. Contrairement à Circle (émetteur d’USDC), qui conserve l’intégralité de ces revenus, Open USD prévoit de reverser une part de ces gains à chaque entreprise participante, déduisant simplement des frais de gestion.
Ce choix pourrait bouleverser l’économie des stablecoins, alors que le marché pèse déjà plus de 312 milliards de dollars selon DefiLlama et que Citi anticipe un bond jusqu’à 4 000 milliards d’ici 2030.
Les entreprises partenaires pourront émettre ou racheter des tokens OUSD sans frais ni limite artificielle de volume. Cette architecture vise à attirer les plateformes de paiement, banques et fintechs en quête d’un modèle plus équitable pour monétiser la croissance du secteur. Le lancement effectif du token est programmé pour la fin 2024.
Le consortium Open Standard compte déjà plus de 140 membres issus des paiements, de la banque et de la crypto.
La chute brutale de l’action Circle
L’annonce a immédiatement secoué la concurrence directe : l’action Circle (CRCL) a plongé de plus de 16 % mardi 18 juin, clôturant sous les 64 dollars – son plus bas niveau depuis fin février. En un mois, le titre a perdu près de 39 %, alors qu’il affichait déjà une baisse cumulée de 55 % depuis la mi-mai. Cette réaction boursière souligne la nervosité autour du modèle USDC face à une alternative qui promet aux partenaires ce que Circle leur refuse : une part du gâteau des réserves.
Certains analystes estiment toutefois que cette correction est excessive au regard du poids actuel d’USDC (73 milliards de dollars) face à un Open USD encore inexistant sur le marché.
Pour mémoire, USDT domine toujours avec 145 milliards de dollars en circulation. Mais la menace d’un nouveau standard ouvert et gouverné collectivement inquiète clairement les investisseurs.
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Un modèle de gouvernance inédit
Open USD rompt également avec la tradition d’une gouvernance centralisée. La gestion du projet sera assurée par un conseil composé des représentants des principales entreprises partenaires – une première parmi les grands stablecoins où l’émetteur reste habituellement seul maître à bord. Ce partage du pouvoir décisionnel pourrait rassurer les acteurs institutionnels soucieux d’éviter tout risque lié à une entité unique.
La direction opérationnelle est confiée à Zach Abrams, fondateur de Bridge (rachetée par Stripe en 2024), qui pilote désormais Open Standard. Cette ouverture se traduit aussi dans l’accès au réseau : chaque membre peut devenir émetteur ou acquéreur d’OUSD sans barrière technique ou financière.
Stripe et BlackRock changent la donne
L’entrée en force d’acteurs comme Stripe et BlackRock donne au projet une crédibilité immédiate auprès des institutions financières traditionnelles comme des géants du paiement numérique.
Stripe fait figure de pilier dans ce consortium : son implication directe via Bridge et son expertise dans l’intégration des paiements pourraient accélérer l’adoption d’OUSD auprès des marchands et plateformes e-commerce. BlackRock apporte pour sa part un poids financier considérable et une légitimité vis-à-vis des régulateurs et investisseurs institutionnels.
Le soutien simultané de Visa, Mastercard, Ripple ou OKX renforce cette dynamique collective. D’après decrypt.co, plus de 140 entreprises sont déjà engagées dans Open Standard – un chiffre inédit pour un projet stablecoin au stade pré-lancement.
Le point clé pour l’adoption
Malgré cet engouement initial et la puissance du consortium, rien ne garantit qu’OUSD s’imposera rapidement face aux mastodontes USDT et USDC. Paxos a lancé en 2024 un stablecoin similaire (USDG) qui n’a atteint « que » trois milliards de dollars en circulation malgré un contexte porteur. L’expérience montre que la confiance utilisateur et la liquidité restent décisives pour franchir le cap critique.
Le cadre réglementaire évolue aussi : le GENIUS Act signé par Donald Trump en 2023 pose désormais les bases légales pour les stablecoins adossés au dollar aux États-Unis. Ce contexte pourrait favoriser Open USD si le consortium parvient à démontrer sa conformité et sa robustesse technique lors du lancement prévu fin 2024.
D’après plusieurs experts du secteur bancaire, la capacité d’OUSD à fédérer rapidement banques, fintechs et plateformes crypto déterminera si ce nouveau standard peut réellement peser sur l’équilibre mondial des monnaies numériques stables.
Les prochains repères
Le lancement officiel d’Open USD, soutenu par plus de 140 entreprises dont Coinbase, Stripe, Visa et BlackRock, est prévu plus tard en 2024 ; si la date précise est confirmée, le marché surveillera immédiatement la réaction des volumes et la capitalisation face à l’USDC de Circle (73 milliards de dollars) et à l’USDT (145 milliards de dollars).

