Le bitcoin encaisse le choc initial
Lorsque les tensions ont éclaté entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le bitcoin n’a pas été épargné par la panique initiale.
Pourtant, cette chute n’a pas duré : dès la semaine suivante, le bitcoin avait retrouvé de la vigueur, affichant un plus bas de 68 000 dollars le 7 mars, puis tenant au-dessus de 69 400 dollars après les attaques sur des pétroliers le 12 mars.
Montée fulgurante après la panique
À mesure que l’escalade militaire se poursuivait au Moyen-Orient, le bitcoin s’est distingué par sa capacité à rebondir plus vite et plus fort que la plupart des actifs traditionnels. Le samedi suivant l’attaque sur Kharg Island, il s’est maintenu à un plancher de 70 596 dollars. En parallèle, son plafond technique est resté entre 73 000 et 74 000 dollars : une zone qui a repoussé quatre tentatives d’envol supplémentaire en deux semaines.
Le vendredi suivant, le bitcoin a brièvement dépassé les 73 000 dollars avant de reculer de 3,5 % en quelques minutes lors d’une nouvelle escalade iranienne – passant de près de 74 000 à environ 71 200 dollars. Malgré ce recul soudain, il affichait encore un gain net de près de 2 % sur la journée et une progression d’environ 11 % depuis le début du conflit. À titre de comparaison, l’or reculait alors d’un pourcent supplémentaire et les indices américains comme le S&P 500 perdaient entre 0,4 % et 0,5 %.
En moins de quinze jours, Bitcoin s’est imposé comme l’un des rares actifs à afficher une performance positive où la plupart des marchés vacillaient.
Les marchés traditionnels à la traîne
La réaction des marchés boursiers contraste nettement avec celle du bitcoin. Depuis l’éclatement du conflit Iran/États-Unis fin février jusqu’à mi-mars, les indices S&P 500 et Nasdaq ont effacé leurs gains initiaux et glissé dans le rouge. Les actions asiatiques ainsi que le marché coréen ont également sous-performé face au bitcoin sur la période. Même l’or, traditionnellement perçu comme valeur refuge lors des crises internationales, n’a pas su tenir son rang : il a décroché d’environ un pourcent supplémentaire alors que Bitcoin grimpait.
L’unique exception notable concerne le pétrole brut et le dollar américain. Le WTI est monté jusqu’à près de 98 dollars jeudi avant de redescendre légèrement à environ 94,50 dollars vendredi. Cette hausse rapide – plus de cinq dollars en séance – reflète l’inquiétude autour de l’approvisionnement mondial en énergie suite aux attaques sur les infrastructures pétrolières iraniennes. Parallèlement, on observe une corrélation élevée (84 %) entre Bitcoin et le Nasdaq sur cinquante jours selon cointelegraph.com : signe que les investisseurs perçoivent encore certains liens entre cryptoactifs et valeurs technologiques malgré leur trajectoire divergente récente.
Du côté des flux institutionnels, les ETF Bitcoin au comptant enregistrent quatre jours consécutifs d’entrées nettes totalisant près de 583 millions de dollars – un signal fort alors que beaucoup d’acteurs restent prudents face à la volatilité ambiante.
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La barre des 74 000 $ intraitable
Depuis deux semaines, Bitcoin bute systématiquement sur la résistance située entre 73 000 et 74 000 dollars.
Des creux de panique aux sommets
Le comportement du marché Bitcoin durant cette crise met en lumière plusieurs dynamiques inédites. Malgré une volatilité accrue – avec des variations intrajournalières parfois supérieures à trois ou quatre mille dollars – l’intérêt ouvert sur les contrats à terme a bondi de neuf pourcents en vingt-quatre heures pour atteindre environ sept cent mille BTC début mars. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis début février. Par ailleurs, depuis quatorze jours consécutifs (un record depuis décembre 2022), le taux moyen de financement sur ces contrats reste négatif : cela indique que beaucoup d’opérateurs parient encore sur une correction rapide après chaque envolée.
En mars seulement, Bitcoin affiche déjà une hausse proche de huit pourcents malgré les secousses géopolitiques et économiques mondiales. L’économie américaine montre aussi des signes d’essoufflement avec une croissance limitée à seulement zéro virgule sept pourcent au dernier trimestre 2025 selon un rapport publié ce vendredi par le département du Commerce américain. Ce contexte alimente sans doute la recherche d’alternatives aux actifs classiques chez certains investisseurs.
Pourquoi Bitcoin fascine en temps de crise
La séquence actuelle illustre bien pourquoi Bitcoin attire autant l’attention lors des périodes d’incertitude internationale. Sa capacité à rebondir rapidement après un choc majeur – comme celui du samedi où il a perdu plus de huit pourcents avant d’effacer ses pertes en quelques jours – intrigue autant qu’elle rassure certains investisseurs aguerris. D’après coindesk.com, seuls le pétrole et le dollar ont fait mieux que Bitcoin depuis le début du conflit Iran/États-Unis parmi tous les grands actifs financiers mondiaux.
Reste que la résistance autour des soixante-quatorze mille dollars demeure solide : quatre rejets consécutifs témoignent d’une prudence persistante parmi les opérateurs malgré l’afflux récent vers les ETF spot ou les contrats dérivés. Si cette barrière venait à céder durablement toujours tendu au Moyen-Orient et marqué par une croissance américaine atone, cela pourrait ouvrir un nouveau chapitre pour la cryptomonnaie phare… mais rien n’est garanti tant que l’incertitude domine.
Ce qu'il faudra observer
Le plafond de 73 000 à 74 000 $ a rejeté Bitcoin à quatre reprises ; si ce seuil est franchi lors des prochaines séances, cela marquera un nouveau plus haut historique immédiat. À surveiller également le rapport final sur la croissance économique américaine attendu le 9 avril, qui pourrait influencer la dynamique du marché crypto à court terme.

