La faille firmware au cœur du hack
Le 13 juin 2024, la communauté Bitcoin a été frappée par une attaque d’envergure visant les portefeuilles matériels Coldcard, fabriqués par la société torontoise Coinkite.
La faille ne remet pas en cause la cryptographie fondamentale de Bitcoin : c’est l’entropie – la qualité du hasard utilisé pour générer les clés – qui a été compromise, rendant prévisible l’accès aux fonds pour des attaquants déterminés.
Des bonnes pratiques pourtant suivies
Fait marquant : nombre d’utilisateurs touchés avaient pourtant respecté les meilleures pratiques d’auto-conservation. D’après coindesk.com, ce sont précisément ces profils prudents qui ont été frappés, soulignant que même une vigilance maximale ne suffit pas si un bug logiciel se glisse dans le matériel censé garantir la sécurité ultime.
Le 30 juillet, plus de 5 200 adresses ont été vidées pour un total de 1 816 bitcoins, soit environ 114 millions de dollars.
Les attaques n’ont pas seulement vidé les portefeuilles : elles ont aussi saturé le réseau. Le mempool Bitcoin – sorte de file d’attente des transactions en attente – a explosé à plus de 89 000 opérations non confirmées ce mardi, un sommet inégalé depuis février 2025 selon Blockchain.com. Cette congestion a coïncidé avec un pic du nombre d’adresses actives (712 000), tandis que les “whales” ont multiplié les mouvements avec plus de 61 800 transactions majeures recensées.
Près de 90% des bitcoins volés n’avaient toujours pas bougé sur la blockchain une semaine après l’attaque.
Vers un boom des ETF bitcoin ?
L’ampleur du hack Coldcard a ravivé le débat sur la pertinence de l’auto-garde face aux solutions institutionnelles. Cantor et FRNT Financial estiment que cet incident pourrait renforcer l’intérêt pour les ETF bitcoin au comptant et les services de conservation gérés comme ceux proposés par Robinhood Markets ou Coinbase Global. Depuis le début de l’exploitation, au moins 1 816 bitcoins (soit environ 114 millions de dollars) ont été drainés selon les analystes, illustrant l’impact financier direct sur la confiance des particuliers dans leurs propres dispositifs matériels.
Ce contexte profite potentiellement à plusieurs acteurs du secteur : BitGo Holdings, Bullish, eToro Group ou encore Gemini Space Station pourraient voir affluer une clientèle inquiète à la recherche d’alternatives jugées plus sûres. Chez certains investisseurs, l’idée d’une gestion professionnelle – même centralisée – redevient séduisante après un tel revers technique subi par une marque réputée comme Coldcard.
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Un mempool saturé, réseau sous tension
Le hack n’a pas seulement eu des conséquences individuelles : il a eu un effet systémique visible sur tout le réseau Bitcoin. Le nombre record d’opérations en attente dans le mempool a entraîné une hausse temporaire des frais et ralenti certaines confirmations. Ce phénomène s’est accompagné d’une volatilité contenue du prix du bitcoin, qui s’est maintenu dans une fourchette comprise entre 62 000 et 65 000 dollars malgré l’agitation.
La probabilité implicite d’adoption du Clarity Act avant fin décembre est tombée à seulement 23 %, alors qu’elle atteignait près de 75 % à la mi-mai.
Robinhood et Coinbase en embuscade
Face à cette crise de confiance dans certains hardware wallets, plusieurs sociétés spécialisées dans la conservation institutionnelle pourraient tirer leur épingle du jeu. Robinhood Markets (HOOD), Coinbase Global (COIN) et BitGo Holdings (BTGO) figurent parmi les bénéficiaires potentiels cités par FRNT Financial. Leur modèle centralisé attire désormais certains utilisateurs échaudés par le risque logiciel non détecté chez Coldcard.
Le spectre du hack "Milk Sad"
D’après le secteur crypto, ce type d’incident rappelle celui baptisé “Milk Sad” en 2023, où près de 900 000 dollars avaient été dérobés via une faille similaire sur un autre portefeuille matériel. Les deux affaires illustrent combien la sécurité logicielle reste un talon d’Achille potentiel pour toute solution dite “self-custody”, même lorsqu’elle repose sur du hardware dédié.
Les prochains développements à suivre
La divulgation publique de la faille Coldcard le 31 juillet et la publication des correctifs de firmware par Coinkite seront scrutées pour mesurer l’efficacité de la migration des fonds par les utilisateurs concernés ; si près de 90% des bitcoins volés restent non déplacés on-chain une semaine après l’attaque, le suivi des adresses des attaquants par les autorités fédérales américaines reste incertain quant à ses suites immédiates.

