Le feu vert de l’OCC obtenu
Ce mercredi 10 juillet, Circle a reçu l’approbation finale de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) pour établir une banque nationale de fiducie, nommée First National Digital Currency Ban
Ce statut fédéral ne permet cependant pas à Circle d’offrir des services bancaires classiques : la nouvelle entité ne pourra ni accepter de dépôts traditionnels, ni proposer de crédits ou comptes d’épargne, ni bénéficier de l’assurance FDIC.
La seule activité autorisée au lancement concerne la conservation fiduciaire d’actifs numériques pour Circle et ses sociétés affiliées. À terme, ce service pourrait être étendu à un cercle restreint d’institutions financières réglementées, mais aucune date précise n’a été communiquée pour le début effectif des opérations ni pour la gestion directe des réserves USDC par la banque.
Circle avait déposé sa demande de charte auprès de l’OCC en juin 2025.
Un bond de 8,4 % en Bourse
L’annonce officielle a immédiatement eu un impact sur le cours de l’action Circle (CRCL). Selon decrypt.co, le titre a bondi de 8,4 %, atteignant environ 68,40 dollars après publication de la nouvelle, avec un pic à 73,80 dollars lors du pré-marché. Cette réaction rapide des marchés traduit les attentes élevées autour du nouveau statut bancaire fédéral et du potentiel accru pour Circle dans le secteur institutionnel.
Les actions ont grimpé jusqu’à 14 % avant de se stabiliser à +5 % en fin de séance.
USDC, deuxième stablecoin mondial confirmé
Circle est surtout connu comme émetteur du stablecoin USDC, dont la capitalisation boursière s’élève actuellement à environ 73,3 milliards de dollars selon CoinGecko. L’USDC occupe ainsi la deuxième place mondiale derrière l’USDT (Tether), loin devant les autres stablecoins émergents. Ce volume massif s’explique par une adoption large dans les échanges crypto mais aussi par l’utilisation croissante d’USDC dans les règlements interbancaires et les applications financières décentralisées.
La gestion future des réserves USDC via Circle National Trust doit se faire sous surveillance fédérale directe – une nouveauté qui distingue Circle des autres émetteurs américains et pourrait renforcer la confiance institutionnelle dans le stablecoin.
Pour mémoire, Coinbase et Circle partagent les revenus générés par les intérêts sur les actifs qui garantissent chaque USDC – principalement des bons du Trésor américain. Plus récemment, plus de 140 entreprises majeures comme Mastercard ou BlackRock ont soutenu Open USD, un stablecoin concurrent lancé par Open Standard. La concurrence sur ce segment stratégique reste donc vive.
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De BitLicense à MiCA : un parcours réglementaire
L’obtention de cette charte bancaire nationale s’inscrit dans une trajectoire réglementaire déjà solide pour Circle. Dès 2015, Circle avait été la première société à décrocher une BitLicense auprès du New York Department of Financial Services – un sésame longtemps considéré comme difficile à obtenir pour les acteurs crypto. En 2024, Circle est également devenu le premier émetteur mondial de stablecoin conforme au cadre MiCA (Markets in Crypto Assets) imposé par l’Union européenne.
La société a poursuivi son expansion réglementaire avec des agréments obtenus au Royaume-Uni, à Singapour, aux Bermudes, au Canada et à Abou Dhabi. Cette stratégie proactive vise à rassurer les clients institutionnels mondiaux et anticiper les évolutions législatives sur tous les continents. Aux États-Unis toutefois, c’est seulement depuis juillet 2025 que le cadre légal fédéral sur les stablecoins (GENIUS Act) a été adopté ; sa pleine application n’est attendue qu’en début d’année 2027.
Malgré ces avancées notables, certains acteurs bancaires traditionnels restent sceptiques : l’Independent Community Bankers of America a exprimé ses réserves face à ce qu’elle considère comme un avantage injuste accordé aux fintechs non bancaires via ce type d’agrément OCC.
Ce qui change pour les clients institutionnels
À court terme, seuls quelques clients institutionnels triés sur le volet – banques régulées ou organisations spécialisées dans les produits dérivés – pourraient accéder aux services proposés par Circle National Trust. Le périmètre exact reste incertain tant que la banque n’a pas communiqué son calendrier opérationnel définitif ou précisé ses conditions d’accès.
Pour le grand public et les entreprises non financières américaines, rien ne change immédiatement : aucun service bancaire classique n’est ajouté à leur disposition.
Les signaux à ne pas ignorer
Circle a reçu l'approbation finale de l'OCC le 10 juillet pour établir Circle National Trust, mais aucune date d'ouverture ni détail sur la gestion effective des réserves USDC par la banque n'a encore été annoncé ; si Circle communique une échéance opérationnelle précise, le marché pourra immédiatement évaluer l'impact sur la supervision fédérale des actifs numériques de 73,3 milliards de dollars.
