Ce qui motive l’alignement inédit
Les États-Unis et le Royaume-Uni ont franchi une étape significative ce mardi en dévoilant une série de recommandations pour harmoniser leurs cadres réglementaires sur la tokeinsation des actifs finan
L’enjeu est double : anticiper la montée en puissance de la finance décentralisée tout en sécurisant l’intégration des stablecoins dans les échanges transfrontaliers. Selon un rapport soutenu par le gouvernement britannique, si le Royaume-Uni suit le rythme d’adoption de ses principaux concurrents, la tokenisation pourrait ajouter jusqu’à 44 milliards de dollars à son PIB annuel d’ici 2035.
Stablecoins : le pari d’un adossement strict
Les deux gouvernements ont publié une déclaration commune pour soutenir l’activité transfrontalière des stablecoins, ces cryptomonnaies stables adossées à des réserves. Point clé : les stablecoins concernés devront être entièrement garantis par des actifs liquides et de haute qualité, avec un ratio minimum d’un pour un. Cette exigence vise à limiter les risques systémiques et à rassurer les acteurs traditionnels quant à la solidité des infrastructures numériques.
Le rapport du Transatlantic Taskforce for Markets of the Future, publié mardi par le U.S. Department of the Treasury et HM Treasury, contient précisément 10 recommandations couvrant actifs numériques et marchés de capitaux traditionnels.
La volonté affichée est claire : bâtir un marché dynamique mais sécurisé pour les stablecoins entre Londres et Washington. Les recommandations n’introduisent pas de nouvelles règles formelles pour l’instant, mais elles incitent la SEC, la CFTC, la FCA et la Bank of England à coordonner leurs approches sur ce segment stratégique.
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Le rôle clé des régulateurs
Les agences américaines (SEC, CFTC) et britanniques (FCA, Bank of England) sont appelées à identifier rapidement des méthodes communes pour encadrer les titres tokenisés. D’après coindesk.com, cette coordination renforcée ne crée pas de nouvelles obligations légales mais cible les zones grises où l’interopérabilité fait défaut. L’objectif immédiat est d’éviter que les différences nationales ne freinent l’innovation ou n’ouvrent la voie à l’arbitrage réglementaire.
En parallèle, le rapport recommande que le Royaume-Uni émette ses premières obligations tokenisées d’ici le premier trimestre 2027. Ce jalon concret doit permettre de tester grandeur nature l’intégration de la blockchain dans les marchés financiers classiques et d’évaluer sa capacité à réduire coûts et délais dans le règlement-livraison.
Cette volonté d’expérimentation s’inscrit où, en juin dernier, les volumes de trading sur exchanges centralisés (CEX) ont progressé pour la première fois en cinq mois : +15,3% sur le spot (1,11 trillion USD) et record atteint sur les contrats perpétuels adossés à des actifs réels (311 milliards USD).
Pourquoi ça compte
L’alignement réglementaire entre Washington et Londres pourrait servir de modèle aux autres grandes places financières qui cherchent encore comment intégrer stablecoins et titres tokenisés sans sacrifier sécurité ni compétitivité. Si Londres parvient à émettre ses premières obligations sur blockchain en 2027 comme prévu, cela offrira un précédent concret pour mesurer l’impact réel de ces innovations sur l’économie réelle — bien au-delà du simple effet d’annonce.
Le récap
- •Le rapport du Transatlantic Taskforce, publié mardi, contient 10 recommandations pour harmoniser la régulation des actifs numériques US-UK.
- •Les stablecoins devront être adossés à 100% par des actifs liquides de haute qualité, selon la déclaration commune US-UK.
- •Le Royaume-Uni pourrait ajouter jusqu’à 44 milliards de dollars à son PIB annuel d’ici 2035 grâce à la tokenisation.
Ce que le marché n'a pas encore tranché
La date d’émission d’obligations tokenisées par le Royaume-Uni, prévue d’ici le premier trimestre 2027 selon les recommandations publiées mardi par le US Department of the Treasury et HM Treasury, reste incertaine tant qu’aucun calendrier officiel n’a été confirmé ; si ce test pilote est lancé, il impliquera immédiatement des transactions financières sur la blockchain à l’échelle souveraine.

