Le casse crypto qui intrigue l’Europe
Le dimanche précédant le 11 décembre 2023, une entité européenne non identifiée a subi une perte spectaculaire de plus de 106 millions de dollars en cryptomonnaies. L’affaire, révélée par l’enquêteur blockchain pseudonyme ZachXBT dès le lendemain sur sa chaîne Telegram, secoue le secteur alors que ni la victime ni les plateformes d’échange concernées n’ont été nommées publiquement. Ce vol, dont la nature exacte (fuite interne ou piratage) reste floue, s’est produit via plusieurs comptes sur des exchanges centralisés opérant dans l’Union européenne.
Les fonds dérobés étaient principalement libellés en stablecoins USDC et USDT, deux actifs numériques adossés au dollar et largement utilisés pour leur stabilité relative sur les marchés crypto. La somme en jeu — plus de 106 millions de dollars — place cet incident parmi les plus importants vols recensés en Europe ces dernières années, même si la discrétion autour des acteurs impliqués entretient un climat d’incertitude.
Onze adresses Ethereum liées à ce vol ont été publiées par ZachXBT le 11 décembre 2023.
USDC et USDT, la piste des stablecoins
L’opération a débuté par le retrait massif d’USDC et d’USDT depuis plusieurs comptes d’exchanges centralisés. Rapidement, ces fonds ont été convertis en Ethereum (ETH), puis dispersés à travers différentes blockchains grâce à divers services spécialisés. Parmi eux figurent WellWallet et Kyrrex, qui ont permis la conversion rapide des actifs numériques pour brouiller leur traçabilité.
Une partie significative du butin a ensuite transité vers Wagyu, un service connu pour faciliter l’échange de cryptomonnaies contre Monero (XMR), monnaie virtuelle réputée pour son anonymat renforcé.
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La conversion finale d’une part des fonds en Monero rend désormais leur traçabilité quasi impossible pour les enquêteurs.
Des plateformes muettes, la victime inconnue
À ce jour, aucune plateforme d’échange n’a confirmé publiquement avoir subi cette perte colossale. De même, l’identité de l’entité européenne touchée demeure secrète : ni institution financière ni entreprise crypto n’a revendiqué ou reconnu cette attaque dans ses communications officielles. Cette opacité complique le travail des enquêteurs et laisse planer le doute sur la méthode employée par l’auteur du vol pour accéder aux comptes compromis.
D’après decrypt.co, ZachXBT a rendu publiques onze adresses Ethereum associées au détournement des fonds. Ces adresses servent aujourd’hui de points de repère pour suivre certains flux résiduels sur la blockchain Ethereum, mais il reste peu probable que cela suffise à retrouver les actifs convertis en Monero ou transférés via Tron et d’autres réseaux.
Aucun lien établi avec Lazarus
L’une des premières hypothèses examinées concernait une éventuelle implication du groupe Lazarus, collectif nord-coréen tristement célèbre pour ses cyberattaques contre les plateformes crypto. Cependant, ZachXBT affirme avec un « haut degré de confiance » que rien ne relie ce vol aux méthodes ou aux schémas transactionnels typiques du groupe Lazarus. Cette exclusion oriente donc l’enquête vers d’autres pistes potentielles : acteur isolé particulièrement sophistiqué ou organisation encore inconnue opérant sous le radar.
tendu où plus de 106 millions de dollars se sont évaporés sans laisser de traces exploitables, aucune information fiable n’indique si une partie des fonds a pu être gelée par les exchanges ou récupérée depuis le 1er novembre 2023. C’est incertain.
Ce que le marché n'a pas encore tranché
Il reste incertain si des fonds liés au vol de 106 millions de dollars du 1er novembre ont été gelés ou récupérés, aucune plateforme d’échange ni entité victime n’ayant confirmé publiquement une perte ou une action à ce jour. Si une confirmation officielle ou un gel de fonds intervient, cela impliquera immédiatement une clarification sur l’exposition réelle des exchanges concernés.

