Le scandale MOVE, point de bascule
La trajectoire de Movement Labs, start-up derrière la blockchain Movement, a basculé en décembre dernier avec le lancement controversé de son token MOVE.
L’affaire a pris une tournure plus grave lorsque Binance a banni le compte du market-maker impliqué dans cette opération, évoquant des "manquements" lors du lancement. Quelques mois plus tard, Coinbase suspendait à son tour le trading du token MOVE en mai 2025, renforçant la défiance autour du projet.
En parallèle, les investisseurs ont rapidement déserté le projet, aggravant la chute du cours.
Rushi Manche, fondateur évincé et créancier
Au printemps 2025, le cofondateur Rushi Manche est suspendu par Movement Labs à la suite d’un accord controversé avec Web3Port. Cette entité avait reçu les fameux 66 millions de tokens MOVE avant de les liquider sur le marché. Selon theblock.co, Manche figure désormais parmi les principaux créanciers de Movement Labs et réclame une somme atteignant 1,6 million de dollars à l’entreprise qu’il a contribué à fonder.
La séparation entre Manche et Movement Labs intervient sur fond de tensions internes et d’accusations croisées quant à la gestion du lancement du token. Ce départ n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes des investisseurs ni à enrayer la spirale négative autour de l’écosystème Movement.
Une faillite sous le Chapitre 11 allégée
Le 15 juillet 2025 change le cadre : Movement Labs se déclare en faillite auprès du tribunal des faillites du district du Delaware sous le Subchapter V, une procédure allégée réservée aux petites entreprises américaines. L’entreprise déclare alors moins de 1 000 créanciers et des actifs compris entre 100 000 dollars et 500 000 dollars. Pourtant, ses dettes pourraient atteindre jusqu’à 10 millions de dollars selon les documents déposés.
Le tribunal autorise temporairement Movement Labs à maintenir ses comptes bancaires et à obtenir un financement pour poursuivre ses opérations durant la procédure. Les créanciers disposent jusqu’au 14 septembre pour déposer leurs créances officielles auprès du tribunal.
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Des dettes jusqu’à 10 millions déclarées
Au fil des révélations judiciaires, il apparaît que Movement Labs affiche une dette cumulée pouvant grimper jusqu’à 10 millions de dollars. Parmi les principaux créanciers figurent non seulement Rushi Manche mais aussi la Delaware Division of Revenue et Anchorage Digital. Ce niveau d’endettement contraste fortement avec le faible montant d’actifs déclarés (au maximum un demi-million de dollars), mettant en lumière l’ampleur des difficultés financières rencontrées par l’entreprise depuis le scandale MOVE.
D’après coindesk.com, cette situation financière critique découle directement du fiasco entourant le lancement du token et des ventes massives ayant précipité l’effondrement du cours. La défiance généralisée envers Movement Labs s’est traduite par un retrait massif des investisseurs et partenaires historiques.
Conclusion : un écosystème fragilisé
Si Move Industries – entité distincte ayant repris une partie des activités – tente aujourd’hui un pivot vers les paiements transfrontaliers et les transferts en stablecoins aux États-Unis, au Canada et dans l’Union européenne, ce redémarrage reste incertain. Le spectre d’une perte totale pour les détenteurs historiques du token MOVE plane toujours alors que la date limite pour déposer une créance approche à grands pas (14 septembre).
Ce qu'on retient
- •Movement Labs a déposé le bilan sous le Subchapter V du Chapter 11 le 15 juillet 2025, avec moins de 1 000 créanciers.
- •Le token MOVE, lancé en décembre, a perdu plus de 94 % de sa valeur en un an, tombant à environ 0,01 $.
- •Rushi Manche, cofondateur évincé en mai 2025, réclame 1,6 million de dollars à Movement Labs comme principal créancier.
Les points de suivi essentiels
Les créanciers de Movement Labs ont jusqu’au 14 septembre pour déposer leurs créances auprès du tribunal des faillites du Delaware ; la liste finale des créances et leur validation restent incertaines et détermineront immédiatement le montant à répartir sur des actifs déclarés entre 100 000 $ et 500 000 $ face à plus de 1 million $ de dettes.

