Bitcoin, volatilité et tensions Iran/Trump : l’équation impossible des marchés

Plateau de journal télévisé avec graphiques numériques de volatilité Bitcoin et images tendues Iran-USA sur fond mondial.
Alison Sofer | BITCOIN | Il y a 1 mois

Le bitcoin piégé entre tensions et marchés Depuis le début de 2024, le bitcoin a connu une chute spectaculaire, passant d’un sommet proche de 90 000 $ à un plancher de 60 000 $ en l’espace de cinq semaines.

Le bitcoin piégé entre tensions et marchés

Depuis le début de 2024, le bitcoin a connu une chute spectaculaire, passant d’un sommet proche de 90 000 $ à un plancher de 60 000 $ en l’espace de cinq semaines.

La situation s’est tendue dès le 28 février, date du début du conflit en Iran. Depuis, le bitcoin oscille dans une fourchette étroite de 65 000 $ à 75 000 $, affichant lundi matin un cours de 68 316 $, en hausse de 1,5 % sur la journée mais encore en recul de 6 % sur la semaine. Ce repli s’accompagne d’une vague de liquidations sur les marchés crypto : près de 400 millions de dollars ont été effacés en positions longues et courtes selon CoinGlass, dont près de 100 millions uniquement sur le bitcoin.

Bond des taux, chute des cryptos

Alors que les rendements des obligations américaines s’envolent – le taux à dix ans a grimpé à 4,41 %, son plus haut niveau depuis août dernier – les actifs risqués comme le bitcoin subissent la pression.

Cette hausse brutale des rendements traduit la crainte d’un retour de l’inflation alimentée par la guerre et par la flambée du pétrole. Le Brent a dépassé les 113 $ le baril lundi, soit une progression de plus de 70 % depuis janvier. Face à cette incertitude, la probabilité d’une hausse des taux directeurs par la Fed est passée en une semaine de zéro à plus de 12 %, ce qui pèse lourdement sur l’appétit pour le risque.

Dans ce climat tendu, l’indice Fear and Greed (peur et avidité) pour les cryptomonnaies est tombé en “peur extrême” à seulement 8 points. Les investisseurs semblent fuir les actifs volatils au profit du dollar ou des obligations américaines, considérées comme refuges traditionnels.

Or et bitcoin, destins opposés

L’or, censé jouer un rôle défensif en période d’incertitude, a pourtant perdu près de 18 % par rapport à ses sommets récents et enregistre neuf séances consécutives de baisse.

Les actions mondiales vacillent sous pression

La contagion ne s’arrête pas aux cryptos : lundi matin, les contrats à terme sur le Nasdaq sont tombés à leur plus bas niveau depuis septembre dernier (23 890 points), tandis que ceux du S&P 500 e-mini ont glissé à 6 505 points. Les places asiatiques n’échappent pas au mouvement : le Japon recule de plus de 4 %, tandis que l’Australie et la Nouvelle-Zélande cèdent chacune près de 0,8 %. La correction semble se généraliser alors que l’incertitude domine autour du détroit d’Ormuz et des menaces réciproques entre Washington et Téhéran.

Pour mémoire, samedi dernier Donald Trump a lancé un ultimatum de 48 heures exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz sous peine d’attaquer massivement les infrastructures électriques iraniennes. Cet ultimatum expirait lundi soir. L’annonce a immédiatement fait bondir le Brent au-delà des 114 $ avant un reflux sous les 113 $. Goldman Sachs a relevé ses prévisions annuelles pour le pétrole Brent à 85 $ contre seulement 77 $ auparavant.

Pourquoi ça compte

La récente dégringolade du bitcoin n’est pas qu’une simple correction technique : elle révèle combien la cryptomonnaie reste vulnérable aux chocs géopolitiques majeurs et aux mouvements rapides sur les taux obligataires. D’après coindesk.com, cette décorrélation avec Wall Street marque une évolution notable dans la perception du risque par les investisseurs institutionnels. Le test imminent du support technique autour des 68 300 $ – correspondant à la moyenne mobile exponentielle sur deux cents semaines – sera scruté avec attention.

Les faits marquants

  • Le prix du bitcoin a chuté de près de 90 000 $ à 60 000 $ en cinq semaines début 2024.
  • Près de 400 millions de dollars de positions crypto ont été liquidés en 24h, dont 100 millions sur le bitcoin (CoinGlass).
  • L’indice Fear and Greed crypto est tombé à 8 ("peur extrême") alors que le rendement US à 10 ans atteint 4,41 %.

Les éléments sous surveillance

L’ultimatum de 48h donné par Donald Trump samedi pour la réouverture du détroit d’Ormuz expire lundi soir ; si aucune issue n’est trouvée, une frappe contre les centrales électriques iraniennes reste possible, ce qui pourrait entraîner immédiatement de nouveaux mouvements sur le bitcoin, qui oscille actuellement autour de 68 300 $ et dont près de 400 millions de dollars de positions ont été liquidées en 24h. La réaction du marché à cette échéance précise reste incertaine.

À propos de l'auteur

Alison Sofer

Alison Sofer

Signature éditoriale – Actualité crypto & tech

Professionnelle de la gestion et de la coordination de projets, elle évolue depuis plusieurs années dans des fonctions d'Office Manager et de Project Manager, en lien étroit avec les équipes commerciales. Elle s'intéresse aux enjeux économiques, technologiques et organisationnels liés à la transformation numérique. Sur The Coin Analysis, elle contribue à l'analyse de l'actualité crypto et tech avec une approche factuelle, orientée usages et impact business.