Microsoft, Alphabet et Goldman Sachs : pourquoi ils s’opposent à la tokenisation de leurs actions sur OKXICE

Coffre-fort numérique stylisé avec motifs de tokens, panneaux en verre givré et graphiques boursiers holographiques.
Sandra Lopez | STOCKMARKET | Il y a 20 heures

Objections en cascade depuis Wall Street La résistance des grandes entreprises américaines face à la tokenisation de leurs actions prend de l’ampleur.

Objections en cascade depuis Wall Street

La résistance des grandes entreprises américaines face à la tokenisation de leurs actions prend de l’ampleur. Microsoft, Alphabet (maison mère de Google) et Goldman Sachs figurent désormais parmi les 16 sociétés qui ont officiellement demandé à ne pas voir leurs titres listés sur la future plateforme OKXICE. Cette liste, qui ne comptait que 9 noms il y a moins d’une semaine, s’est étoffée rapidement, illustrant une méfiance croissante du secteur traditionnel envers cette innovation. Qualcomm, Caterpillar, McDonald’s et Western Digital ont également rejoint ce front d’opposition.

OKXICE est le fruit d’une coentreprise entre OKX, un acteur crypto majeur, et Intercontinental Exchange (ICE), propriétaire du New York Stock Exchange. Leur projet : permettre la négociation 24/7 de versions tokenisées des actions de plus de 60 sociétés cotées aux États-Unis via des pools de liquidité automatisés sur la blockchain XLayer. Mais près d’un quart des entreprises initialement ciblées – soit environ 25% – ont déjà demandé à se retirer.


Le 15 mai, OKXICE avait reçu exactement 16 avis d’objection d’émetteurs sur les 62 entreprises prévues à l’origine.

Le phénomène n’est pas isolé : Verizon, Broadcom ou encore UnitedHealth avaient déjà fait savoir leur opposition dès les premiers jours suivant l’annonce officielle.

La SEC accorde un droit de veto inédit

Ce contexte tendu trouve son origine dans une décision réglementaire récente : il y a environ un mois, la SEC a lancé une “Innovation Exemption” d’une durée de cinq ans. Cette exemption permet à certains marchés d’expérimenter la négociation d’actions via des systèmes automatisés et des pools décentralisés, sans enregistrement préalable en tant que bourse classique. Mais elle accorde aussi aux émetteurs le droit explicite de refuser que leurs titres soient tokenisés sur ces plateformes.

C’est précisément ce droit que Microsoft, Alphabet et Goldman Sachs ont exercé auprès d’OKXICE. Les avis d’objection reçus ne détaillent pas les raisons précises invoquées par chaque entreprise. Toutefois, le simple volume – 16 objections formelles sur 62 sociétés listées – marque une première dans l’histoire récente des marchés financiers américains.

Andrew Cuomo, co-président d’OKXICE et ancien gouverneur de New York, tempère cependant l’inquiétude en qualifiant cette vague d’objections de “réponse naturelle” face à une technologie émergente.

Pourquoi tant de prudence côté entreprises ?

La prudence affichée par ces grandes entreprises s’explique par plusieurs facteurs concrets. D’abord, la question du contrôle : avec une action tokenisée détenue par un tiers chez un courtier enregistré, les émetteurs craignent une dilution ou une perte partielle du lien direct avec leurs actionnaires réels. Ensuite vient le sujet épineux des droits attachés à ces tokens : qu’en est-il du vote en assemblée générale ou du versement des dividendes ? Sur ce point précis, le FMI a récemment averti que les marchés d’actions tokenisées restent volatils et peu liquides malgré un intérêt croissant.

Autre motif récurrent : l’absence de reporting en temps réel des prix consolidés. Le Nasdaq a ainsi refusé que ses propres actions soient listées sur OKXICE pour cette raison précise. La tarification transparente demeure un enjeu central pour les émetteurs soucieux d’éviter toute distorsion entre le marché traditionnel et sa version tokenisée opérant 24/7.

Un quart des sociétés veulent se retirer

Selon cointelegraph.com, environ 25% des entreprises américaines mentionnées dans la proposition initiale d’OKXICE ont déjà transmis leur demande officielle pour ne pas participer au projet.

Pourquoi ça compte

L’enjeu dépasse largement la seule question technique : si les plus grandes capitalisations mondiales refusent la tokenisation sur OKXICE alors même que la SEC ouvre la porte à ces expérimentations pour cinq ans, c’est tout l’écosystème qui risque d’en ressentir les effets. Les plateformes concurrentes telles que Robinhood ou Kraken sont également concernées par cette défiance croissante.

Pour certains acteurs comme Securitize – qui propose déjà ses propres offres d’actions tokenisées incluant Microsoft et Alphabet – l’opposition affichée contre OKXICE n’équivaut pas forcément à un rejet global du concept. Carlos Domingo, PDG de Securitize, admet toutefois que les préoccupations concernant la tarification juste, la protection des investisseurs et les droits actionnariaux sont légitimes et doivent être adressées avant tout déploiement massif.

mouvant où près d’un quart des sociétés visées tournent le dos à OKXICE avant même son lancement officiel, l’avenir des marchés boursiers tokenisés aux États-Unis reste incertain – mais il est désormais clair qu’il ne se fera pas sans l’assentiment explicite des principaux émetteurs.

Points de repère

  • •Le 15 mai, 16 entreprises sur 62 (dont Microsoft, Alphabet, Goldman Sachs) ont officiellement objecté à la tokenisation sur OKXICE.
  • •Environ 25% des sociétés américaines ciblées par OKXICE ont demandé à se retirer du projet de titres tokenisés.
  • •La SEC a instauré en avril une "Innovation Exemption" de 5 ans, donnant aux émetteurs un droit explicite de veto.

Ce que disent les prochains indicateurs

Si d’autres entreprises rejoignent les 16 émetteurs ayant déjà officiellement objecté à la cotation de leurs actions sur OKXICE, la proportion d’actions tokenisées disponibles pourrait continuer à diminuer avant le lancement, dont la date reste incertaine.

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À propos de l'auteur

Sandra Lopez

Sandra Lopez

Contributrice éditoriale – TheCoinAnalysis.com

Passionnée par le monde des cryptomonnaies depuis plusieurs années, Sandra apporte un regard accessible et orienté grand public sur les actualités crypto. Ses articles couvrent les tendances de marché, les évolutions réglementaires et les projets blockchain avec une approche pédagogique et factuelle.