Sanctions britanniques : la Russie crypto dans la tourmente, HTX et ses partenaires ciblés

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Ibrahim Sissoko | REGULATIONS | Il y a 3 jours

Le Royaume-Uni hausse le ton Ce mercredi, le gouvernement britannique a frappé un grand coup contre l’écosystème crypto lié à la Russie en inscrivant 18 entités et individus sur sa liste de sanctions.

Le Royaume-Uni hausse le ton

Ce mercredi, le gouvernement britannique a frappé un grand coup contre l’écosystème crypto lié à la Russie en inscrivant 18 entités et individus sur sa liste de sanctions. Parmi les structures visées figurent Huobi Global S.A., opérateur de la plateforme HTX, ainsi que Rapira Group LLC, Aifory LLC, Arvix LLC et Bitpapa IC FZC LLC. Cette vague de sanctions intervient alors que Londres cherche à contrer les stratégies russes d’évitement des restrictions financières imposées depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Pour la première fois, la Régulation 17A du régime britannique de sanctions contre la Russie s’applique explicitement à des plateformes d’échange crypto, marquant une extension claire du champ d’action des autorités au-delà des circuits bancaires traditionnels.

Yvette Cooper, nouvelle secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, a souligné que Moscou ne pourra pas utiliser les réseaux crypto comme échappatoire. Les entreprises financières et prestataires crypto britanniques ont désormais interdiction formelle de traiter avec les entités désignées ou d’effectuer des paiements liés à celles-ci. Ces mesures sont entrées en vigueur immédiatement après leur annonce officielle.

HTX dans le viseur britannique

HTX (anciennement Huobi Global), basée au Panama et détenue par Justin Sun, se retrouve au cœur de cette offensive. Selon Elliptic, la plateforme a généré environ 3,3 billions de dollars de volume de trading en 2023 – un chiffre qui place HTX parmi les géants mondiaux du secteur. Les autorités britanniques soupçonnent HTX d’avoir facilité des services financiers pour le réseau russe A7 et pour Garantex (rebaptisé Grinex), une autre plateforme déjà sanctionnée pour ses liens présumés avec le Kremlin.

La FCA avait déjà engagé des poursuites judiciaires contre HTX en 2025 pour promotions illégales sur TikTok, X, Facebook, Instagram et YouTube. Suite à ces procédures, HTX avait restreint l’accès à ses services pour les nouveaux clients britanniques plus tôt cette année. Désormais, toute transaction on-chain transitant par HTX peut être considérée comme interdite au Royaume-Uni ; les prestataires locaux sont légalement tenus de geler tout fonds lié à la plateforme.

Un porte-parole de HTX affirme que l’entreprise n’a reçu aucun préavis ni preuve concrète concernant ces accusations.

Des stablecoins adossés à l’or visés

Le paquet britannique ne cible pas seulement les exchanges : il inclut aussi la société Open Joint Stock Company “Virtual Asset Issuer”, émettrice du stablecoin USDKG adossé à l’or et liée au Kirghizistan. Cette initiative montre que Londres surveille également les instruments financiers alternatifs susceptibles de servir aux flux transfrontaliers vers ou depuis la Russie.

Le réseau A7 est particulièrement surveillé : il utilise un token indexé sur le rouble – le A7A5 – et revendique avoir déplacé plus de 90 milliards de dollars sur l’année écoulée. Ce système est connecté à Promsvyazbank, une banque d’État russe qui soutient directement le secteur de la défense. En avril dernier déjà, la Commission européenne avait annoncé des sanctions similaires visant notamment ce type de stablecoins et plusieurs opérateurs numériques liés à la Biélorussie.

Des opérateurs russes sous pression

Plusieurs individus figurent aussi sur la liste noire : Sergey Mendeleev, Igor Gorin, Irina Akopyan ou encore Liran Cohen (de nationalité israélienne) voient leurs avoirs gelés et leurs activités interdites au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique accuse ces personnes d’avoir contribué à maintenir un accès russe aux marchés internationaux via des circuits alternatifs.

La liste dévoilée comprend également trois sociétés géorgiennes exploitant des plateformes orientées vers le marché russe ainsi qu’une banque kirghize soupçonnée d’avoir traité des flux issus du réseau A7. Depuis 2022, Londres a sanctionné plus de 3 300 individus, entreprises et navires liés au Kremlin ; rien qu’avec ce nouveau paquet, plus d’1,5 milliard de dollars auraient transité vers des entités proches du pouvoir russe via ces canaux offshore.

Du côté russe, certains parlementaires ont récemment proposé de sanctionner pénalement les services d’actifs numériques non agréés et d’exiger leur enregistrement auprès de la Banque centrale – signe que Moscou prend acte du durcissement occidental sur ce front.

Pourquoi ça compte

Le gouvernement britannique estime que depuis 2022, les sanctions internationales ont retiré plus de 450 milliards de dollars à l’économie russe – un impact financier majeur qui pousse Moscou à chercher sans relâche des alternatives via la crypto.

Fin de la tolérance pour les exchanges

D’après coindesk.com, Londres considère désormais que toute transaction passant par une entité crypto sanctionnée – comme HTX ou Garantex – doit être bloquée par défaut par tous les acteurs réglementés localement. Cela s’applique aussi bien aux institutions financières classiques qu’aux prestataires spécialisés dans les actifs numériques (VASP).

Pour Justin Sun et son entourage proche chez HTX, cette décision s’ajoute à une séquence judiciaire déjà difficile : Sun a récemment réglé un procès pour fraude avec la SEC américaine sous l’administration Trump. Le cas britannique diffère cependant par sa rapidité d’exécution : aucune notification préalable n’a été envoyée aux sociétés visées selon leurs propres déclarations – laissant peu de marge pour se défendre ou adapter leur conformité avant le gel immédiat des fonds concernés.

si cette approche inspirera d’autres juridictions européennes ou asiatiques à adopter une ligne similaire face aux flux cryptos russes : pour l’instant c’est incertain.

Points de vigilance

Depuis l'entrée en vigueur immédiate des sanctions britanniques contre HTX et plusieurs entités crypto le 13 mai 2024, toute transaction on-chain transitant par HTX peut être considérée comme interdite au Royaume-Uni, et les VASP britanniques sont légalement tenus de geler les fonds liés ; il reste incertain si d'autres juridictions adopteront des mesures similaires dans les prochaines semaines.

À propos de l'auteur

Ibrahim Sissoko

Ibrahim Sissoko

Contributeur junior – Étudiant & veille crypto

Étudiant et passionné par les technologies blockchain, Ibrahim fait ses débuts chez The Coin Analysis en contribuant à la veille et au décryptage de l’actualité crypto. Il s’intéresse aux fondamentaux des projets, aux tendances de marché et aux usages concrets des actifs numériques, avec une approche claire et pédagogique.